Portraits : Meena, Bavani et Gwori – Éducatrices Kynarou

Lors de leur mission en Inde en mars 2019, Julien et Gemma (administrateurs de Kynarou) ont rencontré trois salariées de l’équipe indienne. Voici le portrait de ces trois femmes…

 

Trois femmes qui sont sur le terrain pendant 14 jours consécutifs pour ensuite se reposer 4 jours et rentrer voir leur famille.

 

Trois femmes aux rôles-clés sans lesquelles Kynarou ne pourrait pas obtenir de si bons résultats dans la sensibilisation de l’usage des toilettes et dans l’importance de l’hygiène entre les villageois de Theni.

 

Leur mission : Éducation, sensibilisation et monitoring sur l’usage de l’eau potable, des toilettes pour femmes et pour enfants, de l’hygiène pour éviter les maladies et sur la création des potagers afin que les villages de Theni puissent être les plus autonomes possible.

 

Leur investissement nous a touchés autant que leur belle et profonde personnalité.

 

Le témoignage de Gowri

 

Age : 22 ans

État civil :  Célibataire

Lieu de vie :  Theni

Etude : diplômée  en inspecteur de santé (Sanity Inspector) depuis 7 mois.

Expérience professionnelle :  Kynarou c’est mon premier travail

Expérience chez Kynarou :  1 an

 

Comment as-tu connu Kynarou ?

Mon professeur m’a parlé de cette association car il a vu l’intérêt que je portais à ce genre d’activités.

 

Pourquoi as-tu choisi Kynarou ?

Kynarou proposait des activités qui correspondent exactement avec mes centres d’intérêt. C’est à dire, travailler avec les villages, la santé et leurs problèmes liés au manque d’hygiène et pouvoir éduquer les villageois sur ces conditions d’hygiène et santé.

 

Quelles sont tes responsabilités ?

Coordinatrice de terrain. Je rassemble les données pour chaque village, j’instruis sur la santé et l’hygiène et l’importance d’avoir des bonnes conditions de santé, je fais le monitoring et contrôle les constructions dans chaque village. Je travaille avec les femmes et les enfants mais notre cible ce sont surtout les enfants. Tout commence par eux et la communication avec eux est très facile.

 

Qu’est-ce que tu aimes le plus chez Kynarou ? Travailler avec les villages

 

Qu’est-ce que le plus difficile dans ton travail ? Parfois les villageois ne comprennent pas trop l’importance, par exemple, de se laver les mains avant de manger ou après déféquer, donc il faut insister. Mais de façon générale, les femmes sont beaucoup plus faciles et disponibles pour appliquer les nouvelles habitudes.

 

Quel genre d’évolution as-tu vu dans les villages ?

Moi je dirais l’hygiène surtout. La plus grande majorité des villages sont déjà développés. Par exemple, ils ne se lavaient pas les mains avant mais là ils le font. De façon volontaire, ils viennent nous voir et tout est important au même niveau : Se laver les mains, l’utilisation des toilettes et l’usage d’eau potable.

 

Ta meilleure expérience chez Kynarou ?

J’apprends énormément à chaque moment. C’est très gratifiant que les gens viennent te demander de l’aide et en même temps c’est aussi gratifiant de trouver du support de leur part car nous avons besoin d’eux pour que Kynarou puisse avoir un sens. Nous aidons le plus possible. Et le fait d’aider et sentir la confiance des villageois envers nous n’a pas de prix.

 

Qu’est-ce que tu aimes le plus chez Kynarou ?

L’équipe Kynarou est une team exceptionnelle. On est une grande famille.

 

Le témoignage de Bavani

 

Age : 23 ans

État civil : Célibataire

Lieu de vie : À 180 km du bureau de Theni

Etude : Diplômée en Bio Agriculture

Expérience Professionnelle : Kynarou c’est mon premier travail

Expérience Kynarou : 1 an

 

Comment as-tu connu Kynarou ?

Un ami à l’école m’a parlé un jour de Kynarou. Nous étions trois candidats au dernier entretien et l’équipe m’a finalement choisie.

 

Pourquoi as-tu choisi Kynarou ?

Je viens d’un village et je voulais faire quelque chose pour les villageois. Pour moi, aider c’était primordial et avoir ce genre de projets dans ce district c’est bon pour les villageois et pour l’agriculture elle-même.

 

Quelles sont tes responsabilités ?

Je suis responsable des potagers (kitchen garden), je sélectionne les bénéficiaires, les plantes… je sélectionne les meilleures graines et les meilleures plantes pour eux. Donc je fais la distribution des fruits et graines. Je sélectionne des légumes avec beaucoup de protéines, des fruits avec beaucoup de vitamines qui puissent vite et facilement pousser. Ensuite il faut savoir qu’ils ont aussi des plantes médicinales sélectionnées par eux même (ce n’est pas Kynarou qui donne ces graines). Je dois être très minutieuse dans le choix des bénéficiaires car ils doivent prendre la responsabilité de bien entretenir le potager. J’instruis les bénéficiaires sur comment les planter et comment en prendre soin. Ensuite je contrôle régulièrement comment ces plantes germinent, s’il y a des soucis à résoudre… Pour finir, nous avons commencé un pilote sur le compost. Nous voulions une bio-agriculture et le village où on a implanté ce pilote est très content des résultats. Nous avons 3 dames chargées de récupérer les déchets du village et des autres villages voisins. Elles traitent les déchets et 3 mois après nous avons un compost extraordinaire pour les plantes. Ce compost est aussi vendu aux autres villages donc on est en train de promouvoir ainsi le travail pour les femmes.

 

Qu’est-ce que tu aimes le plus chez Kynarou ?

La coopération. Tous les membres de l’équipe m’aident à faire un bon travail. Si je ne comprends pas quelque chose, ils vont s’asseoir avec moi et prendre du temps pour m’apprendre.

 

Qu’est-ce qui est le plus difficile dans ton travail ?

Il n’y a rien de difficile. Parfois je ne me sens pas en sécurité quand je vois dans les villages des hommes qui ont bu un peu trop.

 

Ta meilleure expérience chez Kynarou ?

La gentillesse des villageoises, leur affection. J’ai l’impression de faire partie de leur famille. Ils m’appellent “ma fille” et “m’obligent” à boire un thé chez eux (dit Bavani avec un grand sourire)

 

Quel genre d’évolution a tu vu dans les villages ?

Maintenant ils ont tout ce dont ils ont besoin et petit à petit les familles qui ont des potagers sont en train d’éduquer les autres familles qui n’en ont pas. C’est un merveilleux effet domino !

 

Le témoignage de Meena

Age : 40 ans

État civil : Mariée. Maman de deux enfants.

Lieu de vie : 230 km

Background : Bachelor langue Tamul

Expérience Professionnelle : 3 ONGs en charge de problème sanitaires

Expérience Kynarou : 3 ans

 

Comment as-tu connu Kynarou ?

Dans la dernière ONG où je travaillais, il n’y avait plus de fonds et ils m’ont parlé à ce moment de Kynarou.

 

Pourquoi as-tu choisi Kynarou ?

Dans l’ONG où je travaillais auparavant, on faisait aussi des toilettes, mais c’était tout. Ici on fait des trainings, on a une vraie relation avec les villages. C’est quelque chose de très important pour moi car dans ma dernière expérience, on faisait les toilettes et on n’y revenait plus. On laissait les villageois à leur sort. Ici, on revient pendant 5 ans chaque semaine.

 

Quelles sont tes responsabilités ?

Project Leader. J’instruis les villageois sur les objectifs et projets que nous allons faire. Je m’assure que tout se fait correctement. Je fais un monitoring.

Je vais dans les écoles et crèches et j’instruis les enfants et les professeurs sur les bénéfices de l’eau potable, les problèmes de déféquer dehors, l’hygiène en général. Je fais aussi les trainings à chaque famille en frappant porte par porte. Je dois suivre les villageois et les comités de gestion (comité formé par 4-7 femmes, selon la taille du village, qui agissent comme point de contact pour nettoyer les toilettes, collecter les déchets, prendre soin des potagers…). Je dois faire un rapport hebdomadaire sur les informations collectées dans les villages et écoles et maintenir une bonne relation avec les membres du gouvernement et le Panchayat (chef du village).

La durée totale d’un projet est estimée à 15 mois :

– 3 mois pour la phase de préparation : Distribution de filtres aux écoles, mesurer la quantité et qualité d’eau et avoir l’accord du Panchayat pour la construction.

– 6 mois pour la phase de conception : Préparation du comité de gestion, training et suivi de construction

– 6 mois pour faire le suivi général des villages chaque jour.

On fait 4 villages par jour en s’adaptant à leurs horaires (7h-12h et 15h-19h). On fait un rapport le matin et un autre le soir, chaque jour.

 

Qu’est-ce que tu aimes le plus chez Kynarou ?

La coopération et la coordination entre les membres de l’équipe. Kynarou c’est ma famille.

 

Ta meilleure expérience chez Kynarou ?

Les trainings aux femmes et aux enfants mais surtout le training aux adolescents car ils ont la bonne maturité pour comprendre la propreté.

Les enfants sont notre prochaine génération. Ils sont le futur et nous devons commencer par eux.

 

Le plus difficile pour toi ?

J’ai 18 ans d’expérience dans le service aux autres donc si je rencontre un problème, je fais face pour le résoudre. Et quand Bavani ou Gowri ont un problème, elles viennent vers moi pour trouver ensemble la solution.

 

Quel genre d’évolution as-tu vu dans les villages ?

Tout au début les villages étaient sales et après quelques mois on a pu voir comment les femmes prenaient soin des rues, de bien nettoyer et de bien sensibiliser à leur tour les voisins… d’utiliser les toilettes pour éviter la défécation dans les rues.

Avant il y avait beaucoup de maladies liées à l’eau non potable que les villageois buvaient (choléra, fièvre…) et j’allais à l’hôpital pour collecter les données des gens du village qui y allait chaque semaine pour se soigner. Ensuite j’allais voir les gens malades et je les instruisais. Maintenant il n’y a plus de maladies dans les villages où Kynarou a travaillé.

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