Sophie

17 mars 2020

Pas de commentaire

Une réflexion autour de la réflexologie

Lors de sa mission en Inde en février 2020, Brigitte (bénévole de Kynarou) a mit en oeuvre un projet de réflexologie à Theni. Voici son témoignage…

 

Et voilà ! Les deux premières semaines de formation viennent de se terminer avec succès. Nous avons trois villages équipés d’une réflexologue qui sait ce qu’elle fait et qui le fait avec beaucoup de sérieux et de précision dans les gestes. Ce sont les villages de Pallapatty avec Deepa, Ayyanarpuram avec Chinnatai et Manikkapuram AD Colony avec Rasiya

De l’extérieur, cela pourrait sembler un maigre succès mais la qualité des personnes qui sont arrivées au bout et qui, je l’espère, feront d’excellentes formatrices à l’avenir me satisfait complètement. Chacune d’elle est maintenant capable de soulager un problème de colonne vertébrale et/ou de hanche et/ou de nerf sciatique et ou de genou et ou de jambe et/ou d’épaule et/ou de coude et/ou de bras et/ou de poignet. Elles savent exactement quelles Réflexes correspondants aux parties du corps concernées stimuler pour chaque problématique et pourquoi. Elles connaissent de petits conseils à donner aux patients et quels réflexes leur conseiller de stimuler sur les mains entre deux séances. Elles savent aussi quand éviter de stimuler des réflexes sur les pieds.

 

Bien sûr, ces deux semaines ont été parsemées d’imprévus quasiment au quotidien mais c’est excellent pour pratiquer la flexibilité dont chacun a tant besoin. Le premier jour, j’ai appris que ma traductrice ne travaillait plus pour Kynarou mais… il y avait trois personnes pour la remplacer !!! Finalement, Sowndarya a été sélectionnée pour me venir en aide pour la traduction anglais/tamoul et inversement et elle a été merveilleuse. Elle a été très intéressée par le sujet, elle comprenait très bien comment expliquer en tamoul pour que les participantes comprennent bien de quoi je parlais. Je disais une phrase et, le plus souvent, elle expliquait dans le détail ce qu’elle en avait compris. Cette attitude a grandement facilité l’apprentissage. Je devais tout de même régulièrement lui rappeler de me traduire ce que disaient les participantes pour que je voie comment elles abordaient ces nouvelles connaissances, que je comprenne leurs difficultés et leur questionnement. Globalement, je suis ravie de notre coopération.

Il devait y avoir huit participantes le premier jour ce qui était beaucoup pour une seule formatrice : le premier jour, elles n’étaient que sept, la huitième devait arriver le lendemain. Nous ne l’avons jamais vue. Dès le lundi, deux personnes m’annonçaient devoir partir dès le début de l’après-midi. Or, nous avions commencé tard, bien après 10 heures. Petit moment d’inquiétude de mon côté. Puis, je me ressaisis : ce projet, je le sens bien donc tout va bien aller ! Le mardi, toujours sept participantes enthousiastes et motivées. Nous progressons à peu de chose près comme je l’envisageais. J’avais préparé très minutieusement le contenu ce qui m’a permis d’avoir une bonne base sur laquelle m’appuyer pour m’adapter chaque jour aux imprévus. Le lendemain matin, deux personnes manquent à l’appel : elles doivent préparer un mariage si j’ai bien compris. Elles devraient revenir vendredi. Les cinq personnes présentes s’appliquent vraiment pour comprendre et mettre beaucoup de précision dans leurs gestes : c’est important. Elles sont très attentives à mes remarques et progressent avec confiance. J’alterne les moments d’enseignement, de partage et de mise au point avec la pratique (chacune doit donner et recevoir pour chaque partie de l’enseignement). Elles changent régulièrement de partenaires ce qui est nécessaire pour ne pas tomber dans la routine et savoir s’adapter à de nouveaux pieds.

 

Les journées étant plus courtes que prévu lors de la planification, Radja me propose le premier jour de ne pas faire de pose et de manger quand tout est fini. Je lui explique que je ne peux absolument pas enseigner cinq heures sans pose. Il me propose alors, de façon assez directive, de prendre un moment pour manger pendant qu’elles pratiqueront. J’ai essayé de mettre ça en place le premier jour, sans conviction, et trouvant ça très dur pour les participantes. Pas évident à planifier quand elles débutent. Dès le lendemain, j’ai abandonné cette idée et nous avons fait chaque jour une courte pose déjeuner vers 13 heures 30. A plusieurs reprises, j’ai été amenée à faire un soin pour l’une ou pour l’autre ou, encore mieux, à proposer à l’une d’entre elles lorsque c’était approprié de voir et de faire ce qu’elle pensait nécessaire pour ce cas-là. Elles ont très bien joué le jeu. Nous avons eu une journée d’absence ici ou là avec une migraine ou de la fièvre. Je proposais alors qu’on leur conseille par téléphone quelques points à stimuler et elles revenaient ravies d’avoir pu se soulager si rapidement.

 

Les deux disparues du troisième jour ne sont réapparues qu’en milieu de deuxième semaine, me demandant si je pouvais les accepter. J’ai été dans l’obligation de refuser, nous avions couvert trop de matière et j’avais encore trop à faire pour les quatre derniers jours. Ce jour-là, on me présente une personne pour un soin. J’accepte mais pas pendant les heures d’enseignement : j’ai trop à couvrir. Je la prendrai après un déjeuner rapide. Elle me demande si elle peut rester et j’accepte volontiers. Elle est très enthousiaste, très intelligente, très motivée, comprend très vite et aimerait faire la formation. Je lui explique que pour cette session c’est impossible, elle a manqué les bases mais je verrai pour la suite. Elle reste jusqu’à la fin de la formation, les autres la prennent en main et elle progresse vite. J’avais prévu d’évaluer chacune de façon pratique les deux derniers jours : elles prennent ça très au sérieux ! A la fin des deux semaines, je me vois obligée d’annoncer à Thangammal  et Veerammal (qui est d’ailleurs en très mauvaise santé) qu’elles ne peuvent pas continuer. Elles sont dépassées, elles font de leur mieux mais ne comprennent pas et n’arrivent pas à mémoriser quoi faire pour chaque problématique. Je leur conseille de faire du bien être. Elles savent faire les relax de début de séance et la stimulation allant avec la respiration profonde en fin de séance, de l’effleurage entre les deux fera du bien sans avoir l’efficacité d’un soin qu’elles sont incapables d’assumer. Les trois participantes qui terminent avec succès habitent trois villages différents. Quelle chance !

Les filles m’ont devancée et sont en train de s’organiser pour se rencontrer deux fois par mois pour partager. Elles sont super ! Elles m’ont demandé des posters récapitulatifs pour chaque problématique. J’ai donc pris des photos de personnes souffrantes (elles sont trop timides pour être de bonnes actrices mais se sont leurs photos, ça leur parlera…) et dès mon retour je travaille à la confection des posters que je ferai passer par Sophie lors de sa prochaine visite.

Nous avons partagé d’excellents moments d’échanges variés mais aussi de bons éclats de rire, des tonnes de sourires et beaucoup de bienveillance. Quel cadeau !

 

Lors de la mise au point prévue avec Radja le lundi suivant, il est donc convenu d’acheter un troisième relax complété du nécessaire pour équiper chacun de ces villages. Les relax indiens ne soulevant pas suffisamment les pieds des patients pour permettre à la réflexologue de travailler sans se faire mal au bas du dos, je propose que l’on achète également trois oreillers assez denses et épais, à placer sous les pieds pour les surélever. Les trois villages vont donc bénéficier de cet équipement pour pouvoir pratiquer jusqu’à ma prochaine visite.

 

Pour la deuxième partie de la formation que je prévoyais au départ sur deux semaines comme cette fois-ci, je propose de venir trois semaines :

 

une semaine de rattrapage pour Jayaganthi et Amuthavalli, les deux disparues ainsi que Pandieswari qui s’est greffée au groupe en milieu de dernière semaine et les deux semaines de formation pour l’ensemble des six participantes.

 

Lors de cette formation, je compte aborder les différents problèmes de la sphère respiratoires (rhumes, otites, maux de gorge, sinusite, bronchite, toux, asthme…) et les problèmes liés à la sphère digestive (problèmes de foie, d’estomac, de digestion en général, de maux de ventre, de vomissements, de diarrhée…).

Je suis pleine d’espoir et ravie de la tournure que prend cette formation. Je remercie du fond du cœur toute l’équique de Kynarou qui m’a permis de me lancer et qui me permet de mener à bien ce projet en en assurant toute la logistique. Sans chacun de vous rien n’aurait pu avoir lieu. Merci !

 

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