Retours mission terrain : Kynarou et le women power

Lors de leur mission en Inde en mars 2019, Julien et Gemma (administrateurs de Kynarou) ont rencontré les comités de gestion féminins. Voici leur témoignage…

Au fur et à mesure de nos visites nous nous sommes rendus compte de l’importance du rôle des femmes. Les 10 villages visités présentent des différences dans le type d’installations mises en place ou en construction (aspect technique qui évolue, innovations), dans les caractéristiques des villages (tailles, organisation, situation géographique) et s’il existe un point commun à chacun, c’est bien l’importance du rôle de l’éducation par et avec les enfants (traité dans un autre article) et l’importance du rôle des femmes (les villageoises et les femmes de l’équipe Kynarou).

 

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Lors de la plupart de nos visites dans les villages, des moments d’échanges ont été organisés par Radja Murti (directeur Kynarou Inde). C’est Radja qui nous a permis de communiquer avec les comités de gestion, ces groupes de femmes villageoises en charge de différents projets dans les villages dont la gestion et la maintenance des installations (toilettes, station d’eau potable).

Ensuite, ce sont Meena, Bavani et Gowri (éducatrices Kynarou) qui nous accompagnés dans la découverte des différents projets éducatifs : relation groupe de femmes, formation et sensibilisation des habitants, éducation et formation dans les écoles, développement de jardins potagers et autres projets.

Grâce à cette manière de procéder, nous avons pu constater le fantastique travail réalisé par les Wonder women Kynarou et par les femmes des villages.

Dès le début du projet, Meena rencontre les femmes pour former un comité de gestion qui accompagnera le village dans la sensibilisation à la maintenance des toilettes. Pendant toute la durée du projet, elles communiquent ensemble hebdomadairement pour accompagner le changement d’habitude des villageois pour que tout le monde soit prêt lors de la livraison des toilettes et des stations d’eau potable. Selon Meena qui a travaillé dans d’autres ONG qui n’accompagnaient pas la population pendant et après les travaux, c’est complétement indispensable au succès et à la pérennité du projet. Radja confirme ce point en précisant que l’aspect social et pédagogique est l’un des principaux facteurs de succès.

 

Pour comprendre le rôle clé des femmes, il nous semble utile de décrire leur situation dans les villages autour de Theni. Les femmes comme les hommes d’ailleurs n’ont pas de toilettes, elles doivent donc dès leur plus jeune âge déféquer à l’air libre dans la nature autour du village dans une zone à l’opposé de celle des hommes. Cette situation désastreuse amène énormément de conséquences négatives : insécurité vis à vis des serpents et autres insectes, insécurité vis à vis des hommes (aujourd’hui les viols sont quasiment inexistants car punis par la peine de mort, mais le harcèlement est plus difficilement contrôlable et sanctionnable), mauvaise hygiène pour elle et possible contamination au travers des insectes… Les toilettes solutionnent donc énormément de problèmes. Les femmes n’agissent pas uniquement pour “leurs” toilettes, elles assurent l’éducation, la communication auprès de toutes les autres familles du village et se portent garantes de la maintenance des stations d’eau potables et des toilettes en allant récolter l’argent dans les familles, ou en allant négocier avec le responsable du village et le gouvernement local. En général, ce sont 2 ou 3 femmes qui se partagent ces tâches allant du nettoyage à la gestion du bon fonctionnement des installations.

 

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Quelques fois, elles se lancent aussi dans de nouveaux projets proposés par Kynarou et guidés en l’occurrence par Bavani et Gowri. Bavani accompagne le développement des jardins potagers (Jardin avec Légumes, fruits et plantes médicinales) et Gowri un nouveau projet de compost. Dans ce dernier cas, 3 femmes sont en charge de ce projet qui consiste à aller chercher à pied les déchets organiques dans les villages alentour, à les trier puis à gérer le procédé de compostage (qui permet de développer une agriculture propre et de générer des revenus). Une fois encore ce projet pilote est géré par les femmes.

Et les hommes dans tout cela ? Nous avons aussi rencontré certains hommes, conjoints et pères, qui sont aujourd’hui très rassurés de savoir leurs femmes et leurs filles en sécurité lorsqu’elles vont faire leurs besoins et qui commencent à demander des toilettes pour hommes ! L’évolution est lente mais les changements sont bien présents et c’est tout le village qui, après 2 ou 3 ans, peut bénéficier d’une meilleure sécurité, d’une meilleure hygiène (maladies qui diminuent, chiffre en baisse dans les hôpitaux des villages), les rues sont propres, les espaces libres cultivés (anciennes décharges) et les personnes plus conscientes de l’environnement, avec des conditions de vie plus dignes.

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